Publié le 15 mars 2024

En résumé :

  • L’inscription à la RAMQ est la première étape, mais un délai de carence de 3 mois vous obligera à prendre une assurance privée temporaire.
  • Trouver un médecin de famille est un défi ; l’inscription au Guichet d’accès (GAMF) est essentielle, mais il faut aussi connaître les alternatives (cliniques, super-cliniques, GMF-U).
  • La carte soleil ne couvre pas tout (dents, yeux, médicaments) ; une assurance privée complémentaire est indispensable pour éviter des frais élevés.
  • Le 811 (Info-Santé) est votre premier réflexe pour un conseil médical non urgent, vous évitant de longues attentes à l’urgence.
  • Adopter une approche proactive en comprenant l’écosystème de santé (pharmacien, CLSC) est la clé pour une installation réussie et sereine.

Arriver au Québec est une aventure excitante, mais elle s’accompagne d’une préoccupation majeure pour tout nouvel arrivant : la santé. L’anxiété de tomber malade sans savoir où aller, qui appeler ou comment être couvert est une réalité. Vous entendez parler de la « carte soleil », des listes d’attente pour un médecin de famille et d’un système qui semble à la fois généreux et complexe. Face à ce labyrinthe administratif, le premier réflexe est souvent de chercher une simple liste de tâches à cocher.

Pourtant, la clé pour naviguer le système de santé québécois n’est pas seulement de suivre une procédure, mais de comprendre sa logique interne, sa « grammaire de soins ». Il ne s’agit pas uniquement d’obtenir des documents, mais de décoder un écosystème complet où chaque ressource – du pharmacien de quartier au service téléphonique 811 – a un rôle précis. La véritable tranquillité d’esprit ne vient pas de la simple possession de la carte d’assurance maladie, mais de la capacité à anticiper les besoins et à devenir un acteur proactif de votre propre parcours de santé et de celui de votre famille.

Cet article est conçu comme votre traducteur. Nous allons décortiquer ensemble les démarches essentielles, de l’inscription à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) à la recherche stratégique d’un médecin. Mais nous irons plus loin, en vous donnant les clés pour utiliser intelligemment les ressources disponibles, comprendre les limites de la couverture publique et bâtir le filet de sécurité administratif qui soutiendra votre bien-être dès les premiers jours.

Pour ceux qui préfèrent un format condensé, la vidéo suivante résume certains des enjeux clés du débat entre le système de santé public et le rôle du privé au Québec, un aspect fondamental pour comprendre pourquoi une couverture complémentaire est souvent nécessaire.

Pour vous guider de manière structurée à travers ces étapes, cet article est organisé en sections claires, abordant chaque aspect de votre parcours. Des démarches administratives initiales aux astuces pratiques du quotidien, suivez ce plan pour maîtriser les rouages du système de santé et assurer une installation en toute sérénité.

La RAMQ pas à pas : le guide complet pour obtenir votre carte soleil (et que faire pendant le délai de carence)

L’obtention de votre carte d’assurance maladie, affectueusement surnommée « carte soleil », est la première étape formelle de votre intégration au système de santé québécois. Cette démarche, gérée par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), est simple en théorie mais comporte une nuance cruciale : le délai de carence. Pour la plupart des nouveaux résidents permanents, une période d’attente s’applique avant que la couverture ne devienne effective. Cette période est de 3 mois maximum à compter de votre date d’inscription.

Ce délai n’est pas un oubli administratif ; c’est une règle conçue pour gérer l’arrivée de nouveaux assurés. Comprendre cette règle est fondamental pour ne pas vous retrouver sans protection. Durant ces trois mois, vous n’êtes pas couvert pour les soins médicaux et hospitaliers, ce qui signifie que toute consultation ou intervention serait à vos frais. Il est donc impératif de souscrire une assurance santé privée temporaire pour couvrir cette période. Ne pas le faire est un risque financier considérable.

Cependant, tous les nouveaux arrivants ne sont pas logés à la même enseigne. Certaines exceptions à ce délai de carence existent, notamment grâce à des ententes de sécurité sociale signées entre le Québec et d’autres pays. Il est crucial de vérifier si votre situation vous rend éligible à une exemption.

Le tableau suivant détaille les cas les plus courants d’exemption au délai de carence, une information essentielle pour planifier vos démarches. Cette vérification doit être l’un de vos premiers réflexes.

Exemptions du délai de carence selon le statut
Catégorie Délai de carence Documents requis
Ressortissants français/belges Aucun (exemption complète) Attestation d’affiliation sécurité sociale
Réfugiés et personnes protégées Aucun Documents de statut de réfugié
Enfants mineurs Aucun Documents d’identité
Résidents permanents (autres) 3 mois Carte de résident permanent

Finalement, l’inscription à la RAMQ doit être faite le plus rapidement possible après votre arrivée, même en sachant qu’un délai s’appliquera. La date de votre demande déclenche le compte à rebours. C’est la première brique de votre filet de sécurité en matière de santé au Québec.

La quête du Graal : comment trouver un médecin de famille au Québec (et que faire si vous n’en trouvez pas)

Une fois votre inscription à la RAMQ en cours, une autre réalité québécoise se présente rapidement : la recherche d’un médecin de famille. C’est un défi reconnu, mais loin d’être insurmontable si l’on adopte une stratégie proactive. Le système repose principalement sur le Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF), un service en ligne où vous vous inscrivez sur une liste d’attente. C’est la voie officielle et obligatoire pour se voir attribuer un médecin.

Cependant, s’inscrire et attendre passivement est rarement la stratégie la plus efficace. Pour devenir un acteur de votre recherche, vous devez comprendre comment fonctionne le GAMF. Le système priorise les patients selon leur état de santé (maladies chroniques, grossesse, vulnérabilité). Il est donc crucial de fournir des informations détaillées et de mettre à jour votre dossier si votre condition médicale évolue. Penser que tout le monde est dans la même file d’attente est une erreur ; c’est une file priorisée.

Pendant cette attente, vous n’êtes pas sans ressources. Le Québec a développé un écosystème de soins pour pallier le manque de médecins de famille. Connaître ces alternatives est essentiel. Les cliniques sans rendez-vous, les super-cliniques et les différents types de Groupes de médecine de famille (GMF) sont là pour répondre à vos besoins. Savoir vers quelle structure vous tourner selon votre situation fait toute la différence. Même si vous n’avez pas de médecin, vous avez accès aux soins.

Votre plan d’action pour l’audit de votre préparation au système de santé :

  1. Points de contact : Listez tous les numéros et adresses pertinents (811, CLSC local, 2-3 cliniques sans rendez-vous proches, pharmacie).
  2. Collecte : Rassemblez vos documents (preuve d’inscription RAMQ, police d’assurance privée, carnet de vaccination, liste de médicaments).
  3. Cohérence : Votre assurance privée couvre-t-elle bien les frais non-RAMQ les plus courants (dents, yeux, médicaments) ?
  4. Mémorabilité/émotion : Avez-vous mémorisé 3-4 termes médicaux québécois clés (ex: « mal au cœur » pour nausée) pour éviter les quiproquos ?
  5. Plan d’intégration : Votre inscription au GAMF est-elle faite et complète ? Avez-vous planifié un rappel pour la mettre à jour dans 6 mois ?

L’objectif du système est d’assurer une prise en charge à tous. Selon les données les plus récentes, une grande partie de la population est inscrite auprès d’un médecin ou d’un groupe de médecins. Une étude de l’Institut de la statistique du Québec révélait que 84,3% de la population était inscrite à la fin de 2024, ce qui montre que le système fonctionne, bien qu’avec des délais. Votre rôle est de savoir utiliser les ressources intermédiaires en attendant votre tour.

La recherche d’un médecin est un marathon, pas un sprint. En vous inscrivant au GAMF, en maintenant votre dossier à jour et en utilisant judicieusement les cliniques alternatives, vous transformez une attente passive en une gestion active de votre santé.

Ce que votre « carte soleil » ne couvre pas : pourquoi une assurance privée est indispensable au Québec

L’une des plus grandes surprises pour les nouveaux arrivants est de découvrir que la carte soleil, bien que précieuse, ne constitue pas une couverture santé universelle. Elle couvre l’essentiel : les consultations médicales, les examens diagnostiques et les séjours à l’hôpital. Cependant, une part importante des soins de santé courants reste à la charge du patient. C’est ce qu’on appelle la couverture hybride : un socle public (RAMQ) complété par une assurance privée.

Les postes de dépenses non couverts les plus significatifs incluent : les soins dentaires (sauf pour les enfants de moins de 10 ans), les soins de la vue (optométristes, lunettes, verres de contact), la plupart des médicaments sur ordonnance, et les services de nombreux professionnels de la santé comme les physiothérapeutes, les psychologues, les ostéopathes ou les massothérapeutes. Ignorer ces exclusions peut entraîner des dépenses imprévues très importantes.

Ce paragraphe introduit un concept complexe. Pour bien le comprendre, il est utile de visualiser ses composants principaux. L’illustration ci-dessous décompose ce processus.

Vue macro de documents d'assurance avec textures de papier et détails de fibres visibles

Comme le montre cette image, votre protection santé est un assemblage de plusieurs couches. La carte soleil est la base, mais les documents de votre assurance privée sont la couche supérieure qui absorbe les chocs financiers du quotidien. Souscrire à une assurance privée, souvent appelée « assurance collective » si elle est offerte par votre employeur, ou « assurance individuelle » si vous y souscrivez vous-même, n’est donc pas un luxe, mais une composante essentielle de votre planification financière au Québec.

Coûts réels des soins non couverts à Montréal et Québec

Les nouveaux arrivants découvrent souvent avec surprise l’ampleur des coûts non couverts : une étude de Clic Assure révèle que une couronne dentaire coûte entre 1200 $ et 2000 $, une série de 5 consultations psychologiques revient entre 500 $ et 750 $, et même une simple paire de lunettes oscille entre 300 $ et 500 $. Ces montants illustrent concrètement pourquoi une assurance complémentaire devient essentielle pour éviter des dépenses imprévues importantes.

En somme, considérez l’assurance privée non pas comme une option, mais comme le complément indissociable de votre carte soleil. C’est elle qui vous garantira un accès serein à l’ensemble de l’écosystème de santé, sans craindre la facture finale.

Votre premier réflexe avant l’urgence : comment et pourquoi utiliser le service Info-Santé 811

Face à une inquiétude médicale qui ne semble pas nécessiter un déplacement immédiat aux urgences – une fièvre qui monte, une réaction cutanée étrange, une question sur un médicament – le réflexe de beaucoup de nouveaux arrivants est soit d’attendre, soit de se précipiter à la clinique. Le système québécois offre pourtant un outil puissant, gratuit et accessible 24/7 : le service Info-Santé 811. Ce service téléphonique est une porte d’entrée fondamentale de l’écosystème de santé.

En composant le 811, vous êtes mis en contact avec une infirmière qualifiée qui évaluera votre situation. Son rôle est de vous conseiller, de vous rassurer et, surtout, de vous orienter vers la ressource la plus appropriée. C’est un service de triage professionnel qui peut vous éviter des heures d’attente inutiles aux urgences pour un problème qui pourrait être réglé à la maison, en pharmacie ou via une consultation rapide en clinique. Utiliser le 811, c’est utiliser le système de manière intelligente et efficace.

De plus, le service 811 ne se limite pas aux questions physiques. En choisissant l’option 2, vous accédez à Info-Social, une ligne d’écoute et de conseil tenue par des travailleurs sociaux. Que vous viviez du stress lié à l’immigration, une anxiété passagère ou des difficultés familiales, ce service confidentiel offre un soutien psychosocial immédiat. C’est une ressource précieuse, souvent méconnue, pour prendre soin de sa santé mentale.

Kit de survie linguistique pour l’appel au 811 :

  1. Maîtriser le vocabulaire médical québécois : ‘Avoir mal au cœur’ = nausée
  2. ‘Faire de la fièvre’ = avoir de la fièvre
  3. ‘Le cœur me débat’ = palpitations cardiaques
  4. ‘Une ordonnance’ = prescription médicale
  5. Noter que l’option 2 du 811 mène à Info-Social pour le soutien psychosocial gratuit

L’un des seuls freins peut être la barrière de la langue, bien que des services d’interprètes soient souvent disponibles. Se familiariser avec quelques expressions québécoises liées à la santé peut grandement faciliter la communication et vous aider à décrire vos symptômes plus précisément.

En bref, ne sous-estimez jamais la puissance de ce simple numéro. Le 811 est votre premier conseiller santé, un guide gratuit qui vous aide à naviguer le système au cas par cas, à toute heure du jour ou de la nuit.

Mal de gorge ou bras cassé ? Où aller pour se faire soigner au Québec sans attendre 12 heures pour rien

Une fois que vous avez compris l’importance du 811, l’étape suivante est de savoir où vous diriger concrètement. Le pire réflexe serait de considérer l’urgence de l’hôpital comme la seule option pour un soin rapide. C’est la voie assurée vers des attentes potentiellement très longues pour des problèmes non prioritaires. La « grammaire de soins » québécoise exige de savoir faire le tri. Un bras cassé, une douleur thoracique ou une difficulté à respirer justifient une visite aux urgences. Un mal de gorge, une infection urinaire ou une petite blessure, non.

L’écosystème de santé québécois est riche en points de service de première ligne. Votre premier allié, souvent sous-estimé, est votre pharmacien. Depuis quelques années, les pharmaciens au Québec ont des pouvoirs élargis. Ils peuvent diagnostiquer et prescrire des traitements pour une douzaine de conditions mineures, renouveler certaines ordonnances et même administrer des vaccins. Se rendre à la pharmacie du coin peut vous faire économiser un temps précieux.

Ce couloir d’établissement de santé moderne illustre l’organisation et la propreté des infrastructures québécoises, conçues pour guider le patient efficacement à travers les différents services.

Vue large d'un corridor d'établissement de santé québécois moderne avec espace négatif dominant

Pour les problèmes qui nécessitent une consultation médicale mais ne sont pas des urgences vitales, le réseau des cliniques médicales, des GMF et des super-cliniques est votre destination. Ces dernières offrent des plages horaires étendues, soirs et fins de semaine, spécifiquement pour les consultations sans rendez-vous. Des plateformes en ligne comme Bonjour-santé ou RVSQ (Rendez-vous santé Québec) permettent souvent de prendre un rendez-vous le jour même, vous évitant de faire la queue sur place.

10+ conditions que votre pharmacien québécois peut traiter :

  1. Infection urinaire non compliquée chez la femme
  2. Conjonctivite allergique saisonnière
  3. Herpès labial (feux sauvages)
  4. Dermatite atopique (eczéma) léger à modéré
  5. Hémorroïdes externes
  6. Reflux gastro-oesophagien occasionnel
  7. Rhinite allergique
  8. Candidose buccale (muguet)
  9. Acné mineure sans prescription
  10. Piqûres d’insectes avec réaction locale

En résumé, la règle d’or est la suivante : urgence vitale = hôpital. Pour tout le reste, pensez 811, pharmacien, ou clinique sans rendez-vous. C’est le secret pour recevoir des soins rapides et appropriés, tout en contribuant à désengorger les urgences pour ceux qui en ont réellement besoin.

Vous avez votre résidence permanente, et maintenant ? Le guide du nouveau résident pour bien commencer

L’obtention de la résidence permanente est un jalon majeur, mais ce n’est que le début de votre parcours d’intégration. Une bonne installation repose sur une série de démarches administratives à enchaîner dans un ordre logique. La santé est une priorité, mais elle s’insère dans un écosystème administratif plus large. Comprendre cette chronologie est la clé pour éviter les blocages et le stress. C’est ce que nous appelons l’anticipation administrative.

Dès les premiers jours, avant même de penser à votre carte soleil, votre priorité absolue est d’obtenir votre Numéro d’Assurance Sociale (NAS) auprès de Service Canada. Ce numéro est indispensable pour travailler, ouvrir certains comptes et faire vos déclarations de revenus. Sans lui, de nombreuses portes restent fermées. Immédiatement après, l’ouverture d’un compte bancaire vous permettra de gérer vos finances et de commencer à bâtir un historique de crédit canadien, un point crucial pour le futur.

Ce n’est qu’une fois ces deux étapes franchies que la demande de RAMQ prend tout son sens. Mais attention, la RAMQ, tout comme la SAAQ (Société de l’assurance automobile du Québec) pour l’échange de votre permis de conduire, exigera des preuves de résidence. L’erreur commune est d’attendre d’en avoir besoin pour les collecter. Soyez proactif : dès que vous avez un logement, demandez que le bail, la facture d’Hydro-Québec ou votre relevé bancaire soient à votre nom et à votre adresse québécoise. Ces documents sont votre sésame administratif.

Parcours administratif chronologique post-résidence permanente :

  1. Jour 1-3 : Obtenir votre NAS (numéro d’assurance sociale) auprès de Service Canada
  2. Semaine 1 : Ouvrir un compte bancaire avec forfait nouveaux arrivants
  3. Semaine 1-2 : Faire votre demande de RAMQ avec tous les documents
  4. Mois 1 : Échanger votre permis de conduire à la SAAQ selon les ententes
  5. Mois 1-2 : Collecter les preuves de résidence (bail, facture Hydro-Québec) pour futures démarches

Chaque démarche débloque la suivante. Comme le souligne une ressource d’Immigrant Québec, un parcours bien orchestré dès l’arrivée facilite grandement toutes les interactions futures avec l’administration. Ne voir que la demande de RAMQ de manière isolée, c’est ignorer les dépendances qui peuvent ralentir tout votre processus d’installation.

En suivant cet ordre logique – NAS, banque, preuves de résidence, PUIS RAMQ et SAAQ – vous transformez une montagne administrative en une série d’étapes gérables, posant ainsi des bases solides pour votre avenir au Québec.

Le jeu de l’assurance : comment les compagnies calculent vos primes et les astuces pour réduire la facture

Une fois les bases administratives posées, la gestion de votre budget devient une priorité. Les assurances, qu’elles soient habitation, auto ou santé complémentaire, représentent un poste de dépense important. Comprendre comment les assureurs calculent vos primes est la première étape pour reprendre le contrôle et trouver des économies. Les compagnies d’assurance ne fixent pas leurs prix au hasard ; elles évaluent un niveau de risque basé sur des dizaines de facteurs.

Pour un nouvel arrivant, un facteur pèse lourd dans la balance, surtout pour l’assurance auto : l’absence d’historique de crédit canadien et de dossier de conduite local. Cela vous place automatiquement dans une catégorie à plus haut risque perçu. Une étude de Clic Assure a montré que l’absence d’historique de crédit canadien peut faire augmenter les primes d’assurance auto de 25 à 50%. Cependant, il est possible de contrer cet effet. Fournir une lettre de votre assureur précédent attestant d’un bon dossier ou suivre un cours de conduite reconnu peut réduire significativement ces surcharges.

Au-delà de votre statut de nouvel arrivant, de nombreux autres éléments influencent vos primes. Pour l’assurance habitation, le quartier, le type de chauffage et la présence d’un système d’alarme sont déterminants. Pour l’auto, le modèle du véhicule, le nombre de kilomètres parcourus annuellement et même l’endroit où vous le stationnez la nuit ont un impact. Le secret est de jouer sur les facteurs que vous pouvez maîtriser.

Heureusement, le marché québécois offre de nombreuses opportunités de rabais, souvent méconnues des nouveaux arrivants. Magasiner et poser les bonnes questions peut faire une différence de plusieurs centaines de dollars par an. Ne vous contentez jamais de la première offre venue.

Rabais méconnus spécifiques au contexte québécois :

  1. Rabais système d’alarme relié : jusqu’à 20% sur l’assurance habitation
  2. Rabais multiproduits (auto + habitation) : économie de 15 à 25%
  3. Rabais pneus d’hiver (obligatoires) : 5% additionnels sur l’assurance auto
  4. Rabais véhicule hybride/électrique : jusqu’à 20% selon l’assureur
  5. Rabais pour paiement annuel vs mensuel : économie de 3 à 5%

En fin de compte, l’assurance est un jeu de négociation et d’optimisation. En comprenant les règles et en utilisant les rabais à votre disposition, vous pouvez significativement alléger cette charge financière et libérer des fonds pour d’autres aspects de votre installation.

À retenir

  • L’accès au système de santé québécois est un droit, mais il demande une participation active de votre part : inscription proactive, compréhension des services et anticipation administrative.
  • Ne comptez jamais uniquement sur la carte soleil. La souscription à une assurance privée temporaire (pour le délai de carence) puis complémentaire (pour les soins non couverts) est une nécessité financière.
  • Votre meilleur outil au quotidien n’est pas l’urgence, mais le trio 811-pharmacien-clinique. Apprendre à les utiliser dans le bon ordre est la clé pour des soins rapides et efficaces.

Le kit de survie pour vos 30 premiers jours au Québec : le guide pour une installation sans stress

Les trente premiers jours de votre vie au Québec sont un tourbillon d’émotions, de découvertes et de démarches. Avoir un plan structuré peut transformer ce qui pourrait être une source de stress intense en une période d’adaptation fluide. Ce « kit de survie » ne se limite pas à la santé ; il intègre toutes les facettes de votre installation pour créer une base solide. Le succès de votre intégration repose sur l’orchestration de nombreuses petites victoires, semaine après semaine.

La première semaine est celle des fondations administratives et de communication. Comme nous l’avons vu, l’obtention du NAS est la priorité numéro un, suivie de l’ouverture d’un compte bancaire et de la demande de RAMQ. En parallèle, se procurer une carte SIM locale est essentiel pour être joignable et accéder aux services en ligne. La deuxième semaine est consacrée au logement et à l’équipement. Trouver un logement définitif, s’abonner à Hydro-Québec (votre première preuve de résidence officielle !) et s’équiper pour le quotidien, y compris pour l’hiver qui arrivera bien assez vite.

La troisième semaine marque le début de votre vie locale et de votre mobilité. C’est le moment de vous procurer une carte OPUS pour les transports en commun, d’entamer les démarches à la SAAQ pour votre permis de conduire et, si vous avez des enfants, de finaliser leur inscription à l’école. Enfin, la quatrième semaine est celle de l’intégration communautaire. C’est le moment idéal pour vous inscrire au GAMF pour un médecin de famille, repérer votre épicerie de quartier, et découvrir les services communautaires (bibliothèque, centre de loisirs) qui deviendront des points d’ancrage importants.

Cette planification vous permet de ne pas tout faire en même temps et de réduire la charge mentale. Chaque semaine a ses objectifs, transformant une montagne de tâches en une série d’étapes gérables. C’est une approche pragmatique qui a fait ses preuves pour des milliers de nouveaux arrivants.

Ce plan d’action structuré est votre meilleure garantie pour une arrivée en douceur. Pour bien visualiser cette séquence, il est utile de relire les étapes clés de vos 30 premiers jours au Québec.

Pour mettre en pratique ces conseils et vous assurer de ne rien oublier, l’étape suivante consiste à utiliser ce guide comme une véritable feuille de route personnelle, en l’adaptant à votre situation spécifique et en cochant les étapes au fur et à mesure. C’est en devenant l’architecte de votre propre installation que vous transformerez l’incertitude en confiance.

Questions fréquentes sur le système de santé et la vie au Québec

Quelles sont les issues possibles après un appel au 811?

Après une évaluation par une infirmière, les issues sont variées : elle peut vous donner des conseils de soins à domicile, vous référer vers un pharmacien pour une condition mineure, vous aider à obtenir un rendez-vous en clinique, ou vous indiquer de vous rendre aux urgences si la situation est jugée grave.

Le service 811 est-il vraiment gratuit et confidentiel?

Oui, le service est entièrement gratuit pour toute personne se trouvant au Québec, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Toutes les consultations, que ce soit avec Info-Santé ou Info-Social, sont strictement confidentielles.

Peut-on appeler le 811 pour des questions de santé mentale?

Absolument. En composant le 811 et en choisissant l’option 2, vous êtes directement connecté au service Info-Social. Des travailleurs sociaux professionnels sont disponibles pour offrir un soutien psychosocial immédiat et confidentiel pour toute situation de stress, d’anxiété ou de détresse.

Pourquoi les prix affichés dans les magasins ne correspondent-ils pas au montant à payer à la caisse?

C’est une particularité nord-américaine. Les prix sont affichés hors taxes. Au Québec, il faut ajouter la Taxe sur les produits et services (TPS) de 5% et la Taxe de vente du Québec (TVQ) de 9,975%. Le montant final sera donc environ 15% plus élevé que le prix sur l’étiquette.

Combien faut-il laisser de pourboire au restaurant ou pour un service?

Le service n’est généralement pas inclus dans la facture. La norme au Québec est de laisser un pourboire de 15% du montant avant taxes pour un service jugé bon. Pour un excellent service, il est courant de laisser entre 18% et 20%.

On m’a répondu « Bienvenue » après que j’ai dit « Merci ». Qu’est-ce que cela signifie?

C’est une expression typiquement québécoise ! « Bienvenue » est ici l’équivalent de « De rien » ou « Je vous en prie ». C’est une formule de politesse très courante que vous entendrez partout.

Rédigé par Martin Tremblay, Consultant réglementé en immigration canadienne avec plus de 15 ans d'expérience, il est spécialisé dans l'élaboration de stratégies d'établissement à long terme pour les professionnels qualifiés et leurs familles.